Les belles à l'étoile


Mercedes-Benz type 116 : trois décennies sous la loupe



Note de l’auteur :
toutes les informations contenues dans cet article sont issues des documents officiels ou officieux qui ont été portés à ma connaissance. S’y ajoutent : mes expériences personnelles et celles d’autres propriétaires de Mercedes-Benz type 116, qui m’ont bien aidées.

Retour en octobre 1966, Stuttgart Unterturkheim, Allemagne. C’est la date de naissance de la Mercedes-Benz W 116. Mais la marque à l’étoile a le temps. Il n’y a, en effet, qu’une année que la série « S » W 108 a été lancée. La présentation officielle en première mondiale de la W 116 terminée, n’aura lieu qu’au début de l’été 1972. Entre-temps, la W 116 prenait forme. L’histoire qui vous est contée ici, est le fruit de plusieurs centaines de milliers de kilomètres parcourus au volant de différents modèles de cette gamme. Elle se veut élogieuse et critique, mais toujours objective. Elle est aussi le résultat de nombreuses et profondes recherches et accumulations d’archives.
Le nouveau vaisseau amiral de la marque doit obéir à des critères de conception très stricts. Sécurité, performances design et confort vont marquer la différence en regard de la concurrence d’alors. En effet, la philosophie de conception de la voiture place l’être humain en tête de toutes les préoccupations. On ne va pas construire une voiture pour l’homme, mais autour de lui.

Philosophie


Le système nerveux de l’homme, surtout au volant, réagit à une multitude de facteurs d’influences. Les conditions atmosphériques, la densité du trafic ou la forme générale du conducteur à un moment donné ne peuvent pas être prévues et conçues en laboratoire. Ces conditions changent à chaque instant. C’est pourquoi, une série de mesures sont prises pour veiller à maintenir la sérénité psychologique des occupants de la future classe S, même dans des conditions de circulation très harassantes.
En revanche, notre système nerveux réagit également aux formes, aux bruits et aux couleurs qui peuplent notre environnement. Beaucoup de constructeurs automobiles conçoivent, fabriquent et vendent des voitures qui transforment leur propriétaire en pilotes de course improvisés. Ces voitures sont dangereuses, avant même d’exister, leur philosophie est volontairement axée sur des apparences voyantes et agressives, accompagnées d’un bruit de moteur stimulant, de formes et de couleurs intérieures rappelant la compétition.
Il y a aussi les constructeurs qui proposent des voitures aux apparences exagérément rassurantes, ce qui peut pousser leur propriétaire à effectuer des manœuvres inopportunes, se croyant en toute sécurité.
Le principe de la nouvelle classe S est être, et non de paraître. Elle doit distiller une atmosphère sereine. Son bruit est calme et étouffé, tout en avertissant le conducteur qu’il dispose de puissance suffisante, seulement quand cela est nécessaire. L’intérieur adopte des formes et des matériaux qui tendent à le maintenir dans un état psychologique calme, le plus longtemps possible. Le bois ne trahit pas seulement le sang noble de la monture. C’est une matière vivante, dont l’homme aime s’entourer pour donner plus de chaleur a son environnement. Si cela est vrai dans son habitat, ça l’est également dans sa voiture. Même si dans le cas de la 116, le bois exotique " zebrano " ressemble un peu à du Formica. La ronce de noyer qui sera disponible, par la suite, contre supplément de prix, rehaussera considérablement l’impression de luxe. Tous ces éléments contribuent à encourager une conduite sûre, réfléchie et, finalement, sécurisante pour les occupants de la voiture, comme pour les autres usagers de la route.

La W 116 : description

Généralités :

Les neuf modèles 116 qui existeront seront tous d’apparence quasi identique. Seules les motorisations changent, et avec elles, l’équipement. En fait, Mercedes-Benz a su proposer une voiture très polyvalente, dans la mesure ou les moins puissantes de ses versions s’adressent à une clientèle, certes bourgeoise, mais assez étendue en Europe et sur le continent nord-américain. En revanche, les modèles aux mécaniques plus nobles, sont destinés à un milieu social réellement haut de gamme. Le diesel turbocompressé ne sera destiné qu’au marché nord-américain. En effet, sa puissance très modeste n’est pas un handicap pour les très longues routes qui sillonnent ce continent. Mais l’Europe est trop en relief pour espérer y vendre une telle voiture

Extérieur :

Aujourd’hui encore, elle ne fait pas son âge. Il est vrai que, en même temps que les R et W 107, (cabriolets SL et coupés SLC) la 116 est la première Mercedes-Benz étudiée en soufflerie aérodynamique. Malgré cela, ses formes relativement carrées et, somme toute, aérodynamiquement primitives, ne trompent pourtant pas. Ce n'est pas là le tout dernier modèle. Malgré tout, l’artiste-peintre Paul Braq a su dessiner une voiture à la fois somptueusement belle, extrêmement chique tout en restant discrète, montrant tout de même que Sa Majesté a du caractère. De ce point de vue, la W 116 est une œuvre d’art, justement. Ses lignes presque intemporelles en font une voiture que l’on peut considérer comme moderne. Aucun autre constructeur automobile n’a su proposer une voiture qui traverse les décennies en vieillissant aussi bien. C’est pourquoi, la W 116 sera abondamment copiée. Du reste, même chez Mercedes-Benz, toutes les classes S qui lui succéderont, n’en seront que la continuation dans l’évolution esthétique et aérodynamique. C’est dire l’avance qu'elle avait lors de son lancement officiel.

Intérieur :

Il est sobre, discret et serein. Le confort de fonctionnement est aussi comparable a une voiture de luxe moderne. Le silence, référence à l'époque, l’assise et l’espace en font, aujourd’hui encore, une limousine majestueuse et confortable.
Les matériaux qui ornent l’intérieur sont semi-souples, pour peu, voire, pas du tout blesser les occupants lors d’une collision ou de tout autre scénario peu souhaitable, mais prévisible. Il est évident que, comparé aux technologies modernes, la sécurité de la 116 peut paraître aujourd'hui bien modeste. Mais elle représente ce qui pouvait se faire de mieux, à l’époque, malgré quelques points faibles, qui seront également développés dans cet article.
Le premier catalogue publicitaire présenté au public annonce la couleur ! Il affirme que Mercedes-Benz vend désormais la meilleure limousine du monde. Ceci est d’ailleurs confirmé par les spécialistes de la presse internationale. La 116 est même élue voiture de l’année. C’est l’unique fois, à ma connaissance, qu’une voiture de luxe obtiendra ce prix. Mais, ce qui est amusant, c’est la couleur de la voiture choisie, pour ce catalogue. La nouvelle limousine de rêve apparaît dans une robe d’une couleur orange, disons… discutable !
On s éblouit en feuilletant ledit catalogue. Le levier de vitesses est encore « au volant » La 116 est déjà d’un aspect tellement moderne, que ce levier de vitesses placé là semble… déplacé, justement ! Les sièges sont présentés dans leur version standard, c’est-à-dire, en tissu, motif a damiers, rappelé contre les panneaux de portes. Les bordures de ces sièges sont en simili uni, mais dans un ton assorti. Ce n'est pas vilain, mais peut-être un peu modeste pour une limousine de haut de gamme, même a cette époque.
Sans supplément de prix, on pouvait également obtenir une sellerie totalement simili. Là encore, c’est un peu chiche… Mais ce matériau est incroyablement solide et ne demande aucun entretien. Dans cette version, les motifs des panneaux de portes sont dans un plastique perforé du plus mauvais goût ! Tout cela dégage une atmosphère un peu " cheap ".
Contre supplément de prix, une somptueuse sellerie en velours fin vous souhaite la bienvenue à bord ! L’accueil est inimitable. Les panneaux de portes s’ornent également de ce velours soyeux qui flatte le touché. Mais cette sellerie est un véritable nid à poussière. De plus, elle s’use, cela dit, passé un nombre impressionnant de kilomètres.
Bien-sûr, le top du chic reste le cuir véritable, lui aussi livré en option. Son odeur vous envahit les poumons des l’ouverture de la porte, mais il demande l’entretien que tout cuir exige, que ce soit dans son salon ou dans sa voiture. Son design est étonnant. Trop tendu, il donne l’impression être faux. Alors que les Américains tentent à tout prix de faire ressembler du plastic à du vrai cuir, chez Mercedes-Benz, il semble que l’on fasse exactement le contraire… De plus, les panneaux de portes sont les mêmes que sur la version tout simili, c’est-à-dire, ces plastics perforés hideux. Après quelques années d’utilisation, ces cuirs commencent à se plisser quelque peu, ce qui les rend tout de suite plus beaux, l’aspect étant plus authentique.
En 1972, l'équipement d’origine fait sourire… En effet, la voiture dénuée de toute option est réellement trop « pauvre » en regard de son prix d’achat. D’origine, on dispose de la direction assistée, du siège conducteur réglable en hauteur, et c’est… tout ! Dans la trop longue liste des options, on s’effare de constater que certains accessoires, pourtant dignes d’une voiture de luxe, ne sont livrables que contre supplément de prix. On y trouve les appuis-tête, même à l’avant, la radio, le rétroviseur extérieur droit, l’accoudoir central avant, le compte-tours ou les ceintures de sécurité, là aussi, même à l’avant… Ne parlons pas des lève-vitres électriques ou de la climatisation ! Je m’étonne… Pourquoi investir autant de temps et d’argent pour concevoir une voiture aussi solide et sécurisante, tout en privant ses propriétaires de certains équipements de sécurité aussi évidents, sauf supplément de prix ? Heureusement, beaucoup de ces équipements seront livrés de série dans les proches années qui suivront. Dès 1974 : ceintures de sécurité et appuis-tête avants sont d’origine, pour toutes les Mercedes-Benz.

Sur la route

Dans de bonnes conditions météorologiques, la 116 était et reste une monture noble et imposante. Son confort de fonctionnement transforme vos déplacements en un véritable délice. Votre 116 est une insatiable avaleuse de kilomètres – et de carburant - Vous ne sentez pas la fatigue des longues distances. L'assise est parfaite, bien que le soutien latéral aurait pu être amélioré. Mais les reins sont bien calés, la nuque et le dos ne souffrent pas des grands espaces (avec les appuis-tête…) Le silence de fonctionnement était une référence. Aujourd'hui, il reste très agréable sur les modèles V8, mais les trajets autoroutiers sont tout de même légèrement bruyants sur les modèles cinq et six cylindres.
La direction assistée, au rayon de braquage impressionnant, vous permet de garer cette grande limousine avec le plus de facilité possible. En butée de volant, les roues directrices de la voiture sont tellement inclinées qu'elles donnent l’impression d’une anomalie. C’était bien vu, manœuvrer avec cette voiture est beaucoup plus aisé qu'avec l’une de ses concurrentes, de même gabarit. La direction assistée durcit cependant en proportion avec l’augmentation de votre vitesse. Ainsi, sur l’autoroute, le moindre de vos gestes n’engendre pas une réaction aussi soudaine que dangereuse.
A hautes vitesses, la voiture est stable. On la sent bien " posée " sur la route. Mais il n'y a pas que la tenue de cap qui soit impressionnante. En effet, la tenue de route est proprement ahurissante pour une limousine de ce gabarit, surtout à l’époque. Elle est le fruit d’une parfaite symbiose entre le châssis, l’amortissement, la répartition des poids, mais surtout d’un train avant pensé et conçu avec génie ! Vous pouvez " jeter " votre 116 dans les virages à des vitesses incroyables. Bien que l'usine n'encourage pas ce genre de conduite, on a tous notre " petit quart d’heure " de temps en temps. De plus, cette exceptionnelle tenue de route permet aussi d’éviter un obstacle éventuel en repoussant au maximum les chances de perdre le contrôle de votre 116. Même avec les pneus esthétiquement trop fins choisis pour les modèles cinq et six cylindres, le comportement de la voiture est surprenant, aujourd’hui encore. Seuls la section des pneus choisie pour la plus puissante de ses versions, sous-estiment les incroyables performances de cette voiture.
Lors de votre " petit quart d’heure ", vous parvenez à apprécier parfaitement le virage qui arrive. En effet, vous faites facilement corps avec votre 116 et vous " sentez " avec aisance si votre vitesse n’est décidément pas adaptée au virage suivant. Si vous le tentez malgré tout, la réaction de la voiture est, là encore, très saine. Elle se dérobe légèrement de l’arrière, vous avertissant que vous êtes à la limite du décrochage. Si vous avez un minimum d’expérience, cette situation se gère avec aisance, par un contre-braquage précis et un dosage de la puissance calculé. C’est alors un véritable régal de s’amuser avec votre 116, sous l’œil effaré des témoins qui ne s’imaginaient pas que l’on puisse conduire une voiture pareille de cette manière…
Mais revenons sage !
Sur la pluie, cela devient plus subtil. En effet, il faut bien apprécier la puissance a transmettre au sol en sortie de virage, surtout pour les motorisations puissantes, sous peine d’effectuer une rumba difficilement contrôlable, j'en sais quelque chose… Mais, rassurez-vous, ma modeste expérience en circuit m'a permise de redresser la situation au prix d’une bonne frayeur. Il faut donc conduire avec sagesse dans ces conditions. Sans commettre d’imprudence ou d’erreur, la conduite de votre 116 sur la pluie reste donc très sûre et vous pouvez facilement adapter votre vitesse a celle des autres usagers de la route. De plus, les rétroviseurs extérieurs, les vitres latérales et la lunette arrière ne se souillent pas, même lors d’un déluge orageux. A la condition, bien-sûr, de rouler à une vitesse minimum de 70 à 80 km/h. En option, l’usine proposait un pont arrière géré par un différentiel autoblocant à 40%. Ce pont n’étant toutefois disponible qu'avec la boîte de vitesses automatique, il aurait été souhaitable qu'il soit livré de série.
Sur la neige, prenez le bus ! La 116 est viscéralement inconduisible dans ces conditions. Même avec les meilleurs pneus a neige, vous vous ridiculiserez en tentant l’expérience. Avec le différentiel déjà nommé plus haut, cela devient alors vaguement possible, mais soyez prudents ! Dans ces conditions, évitez de surestimer votre 116 et n’hésitez pas à conduire plus lentement que le reste du trafic. La 116 avait la réputation parfaitement méritée d’être totalement inefficace sur la neige, comme toutes les Mercedes-Benz de l'époque, d’ailleurs. Dans les années 80, la technologie de pointe a permis de maîtriser ces conditions avec brio, mais la 116 n’était déjà plus en production à ce moment-là. Il était bien triste de constater que ces voitures de luxe, ainsi que leurs concurrentes directes comme les BMW ou les Jaguar, étaient pathétiques sur la neige, alors que, de nombreux véhicules meilleurs marchés se débrouillaient beaucoup mieux…

Vous voulez acheter une 116

Voici une liste de petites faiblesses que peut connaître votre future voiture. Elle peut vous sembler longue. Mais n'oubliez pas qu'elles apparaissent à des kilométrages impressionnants. En fait, les autres voitures sont, généralement, inutilisables bien avant d’atteindre des kilométrages identiques. De par sa conception, sa fabrication et sa finition exceptionnelles, votre 116 a tenu vingt, vingt-cinq ou trente ans, et tiendra encore. Ne vous effrayez pas de constater un chiffre dépassant les 230 ou 250'000 kilomètres. Votre 116 est capable d aller bien plus loin.

Extérieur :

Dans l’ensemble, les 116 ne rouillent pas trop au niveau de la carrosserie. Mais, quand c'est le cas, c'est très souvent aux mêmes endroits, ce qui facilite votre contrôle. Elle apparaît autour des clignoteurs et sous les blocs optiques avants. Les bas de caisse sont également sujets aux attaques corrosives. Là, c’est plus grave. Vérifiez-les avec soin. Si le dessous de la voiture a été goudronné, méfiez-vous, c’est sûrement pour cacher quelque chose. Mercedes-Benz prenait les meilleures précautions de l’époque, mais les procédés de fabrication ne permettaient guère d’espérer plus de quinze ans de vie sans quelques soucis de cette nature sous le véhicule.
En essayant la 116 qui vous intéresse, concentrez-vous sur le jeu de la direction. En effet, le boîtier de direction assistée franchit rarement la barre des 200'000 kilomètres. Il faut savoir que la pièce est chère, environ mille huit cent francs suisses, plus la main d œuvre, comptez alors un peu plus de deux mille francs.
Ecoutez la boîte et le pont arrière. Cela ne doit pas faire de bruit, ou peu. Il est clair que la voiture a au moins vingt ans… Il ne faut pas être trop exigeant non-plus. A propos de la boîte, préférez toujours la version automatique, de série sur les cinq cylindres, ainsi que sur les V8, à partir de 4.5 litres de cylindrée. Mais les six cylindres et les V8 de 3.5 litres étaient livrés de série avec une boîte à quatre vitesses manuelles, certes très fiable, mais au maniement débile. Une boite manuelle a cinq vitesses était néanmoins livrable en option pour les modèles à six cylindres. Je ne sais pas ce qu'elle valait, je n’en ai jamais utilisé.
Quelques petites tares de finitions peuvent sembler étonnantes pour une voiture construite avec des matériaux de cette qualité. Par exemple, la commande du phare a brouillard arrière. Ce phare s allume en effet en mettant votre commande de phares sur les feux de position. Puis, vous tirez une fois pour un premier cran. Là, les feux à brouillard avants s allument. Aucun problème jusqu'ici. Mais, en tirant une seconde fois, pour parvenir au deuxième cran qui allume le phare a brouillard arrière, la commande vous reste en général dans la main.
Il y a aussi le verrouillage centralise qui présente des signes de fatigue aux alentours de vingt ans d utilisation. Non pas commandé électriquement, il l’est par air comprimé. Laissez tomber l’éventuelle réparation du système, elle sera coûteuse pour un accessoire qui est, certes, agréable, mais pas indispensable.
Les moteurs des lève-vitres électriques se fatiguent aussi dans la même proportion d’âge. Mais ils se contentent d’être lents, ne tombant en panne que très rarement.
Sur la 116 qui vous intéresse, soyez attentifs aux voies d’eau (!). N’hésitez pas à la passer dans un tunnel de lavage, avec un jet a haute pression pour nettoyer le châssis. Ensuite, soulevez les moquettes du sol, à l’avant comme à l’arrière. Cela doit être totalement sec. Si tel n'est pas le cas, il y a peut-être ce fameux problème de corrosion sous la voiture. Veillez également les extrémités gauche et droite de la malle à bagages. Souvent, de l’eau entre aussi par-là, mais dans tous les cas, en petites quantités. Inutile donc d’apprendre à nager…

Conclusions

Malgré ses petites faiblesses, je ne peux que vivement conseiller l’achat d une 116 d’occasion. Ceci pour plusieurs raisons. Tout d’abord, son prix de revente est très bas. Vous pouvez donc acquérir une superbe limousine au luxe encore d’actualité, à des prix approximatifs de trois mille francs suisses pour les meilleures marchées, avec le contrôle technique en prime. A ce prix, vous bénéficiez :
  1. D'une voiture magnifique a regarder.
  2. Elle est sure et robuste.
  3. Elle offre un confort raffiné.
  4. Son plaisir de conduire reste supérieur a la plupart des voitures de la catégorie moyenne-supérieure actuelle, beaucoup plus chère.
  5. Posez-vous la question : n'est-il pas préférable d’acheter une voiture qui vous coûtera 2 000 a 5 000 francs suisses de réparations tous les 200'000 kilomètres, à une autre qui coûte plus cher a l’achat, ne durera pas aussi longtemps, n’est pas aussi confortable, belle et solide, et que vous devrez remplacer plus souvent ?
  6. Je le répète : si certains défauts vous semblent inacceptables par rapport aux autres voitures de l’époque, ils n’apparaissent qu’après une durée de vie où, justement, les autres voitures de cet âge ont déjà été broyées et recyclées depuis longtemps.

A titre personnel, je puis affirmer que, malgré les petits frais occasionnés par l’âge de mes différentes 116, je ne changerais pour rien au monde. Aucun autre véhicule ne peut me donner autant de délices à me déplacer, surtout à ce prix. Avec des moyens financiers plus étendus, il est clair que je me porterais acquéreur d’une Mercedes-Benz neuve. Mais je garderais quand-même les anciennes.
De plus, les progrès accomplis dans le secteur des lubrifiants, ou des différents produits de protection actuels, vous permettront d’entretenir votre 116 avec une efficacité impossible a l’époque. C’est pourquoi, j’ai la certitude qu'elles deviendront de plus en plus fiables avec le temps. Autrement dit, leurs faiblesses vont aller en s’estompant, ce qui rend cette superbe limousine plus attractive encore.
Le tableau des différents modèles vous indique succinctement les principales caractéristiques de chaque 116. A vous de choisir celle qui vous convient le mieux. Sachez simplement que la différence entre les modèles " S, SE " et les " SEL " est due à un allongement de la voiture. Le " L " pour " Lange " en allemand indiquant simplement que la longueur de la voiture passe de 4,96 mètres à 5,06 mètres. Un supplément de 10 cm qui est mis à profit des passagers arrières.
Les différentes indications concernant la consommation de carburant sont le fruit de mes expériences personnelles, et de celles d’autres propriétaires de 116. Les données en litres vous donnent une idée de la consommation de votre 116, en conduite normale. Le carburateur Solex de la 280 S est difficilement réglable. Si vous consommez comme un V8 avec votre 280 S, faites-vous une raison… Ou trouvez le " mécano-magicien " qui saura vous redresser tout cela " à l'ancienne " c’est à dire au feeling et a l’oreille. Mais les cas de carburateurs déréglés, rassurez-vous, ne sont pas une généralité. Cela dit, je conseille de laisser cet unique modèle 116 à carburateur. La 280 SE avait le même moteur, consommait la même quantité de carburant, mais possédait l’injection Bosh et près de 30 CV supplémentaires.
Je me réjouis de vous croiser de longues années encore dans votre 116. Rouler ces somptueuses limousines, dont la dernière sortira des chaînes de montage en 1980, est un vrai bonheur. Sa beauté et ses " vrais " doubles pare-chocs chromés, vous isolent de plus en plus du trafic moderne, plastifié et terne. Votre 116 brille comme un diamant au milieu de vulgaires cailloux…

Bonne route !
Michael Neumeister

La 280 S

Seule 116 équipée d’un carburateur, au lieu de l’injection, la 280 S est une tranquille routière. Comme tous les six cylindres, il faut monter dans le régime pour obtenir de la puissance. La voiture est assez pointue, mais manque tout de même de reprises, quel que soit le régime. Ce modèle n’est pas disponible avec le châssis long.
Nombre de cylindres 6, en ligne
Cylindrée totale, en centimètres-cubes 2 746
Puissance, selon l’année de construction, jusqu’à 160 CV
Couple, en mètres-kilos 23.0
Accélération de 0 à 100 km/h 11.5 secondes
Vitesse maximum 190 km/h chrono
Consommation moyenne aux 100 km 12.5 litres
Carrière septembre 1972 – juillet 1980
Nombre d’unités construites 122 848 modèles 280 S
Pneus 185 / 70 HR 14

La 280 SE / 280 SEL

Avec le même moteur que la 280 S, et grâce à l’injection, ce modèle offre des performances que l’on peut qualifier de « suffisantes ». A hauts régimes, ses reprises sont déjà plus qu’honorables. La 280 SE sera le plus gros succès de la gamme 116. Curieusement, la version allongée (280 SEL) ne connaîtra qu’un succès mesuré. Pourtant, les dix centimètres supplémentaires donnent à la voiture encore plus de confort, d’élégance et de stabilité.
Nombre de cylindres 6, en ligne
Cylindrée totale, en centimètres-cubes 2 746
Puissance, selon l’année de construction, jusqu’à 185 CV
Couple, en mètres-kilos 24.5
Accélération de 0 à 100 km/h 10.5 secondes
Vitesse maximum 200 km/h chrono
Consommation moyenne aux 100 km 12.5 litres
Carrière (280 SE) septembre 1972 – juillet 1980
Carrière (280 SEL) avril 1974 – mai 1980
Nombre d’unités construites (280 SE) 150 593 modèles 280 SE
Nombre d’unités construites (280 SEL) 7 032 modèles 280 SEL
Pneus 185 / 70 HR 14

La 300 SD

Exclusivement réservée à la clientèle nord-américaine, cette 116 au diesel turbocompressé est une routière pataude et bruyante. Mais elle est confortable, robuste et économique. Quelques 300 SD ont retraversé l’Atlantique et roulent en Europe. Il n’est pas impossible d’en croiser une. Les normes américaines ont défiguré la 116, en lui imposant des pare-chocs énormes et des blocs optiques doubles et circulaires. Cela dit, il est possible de réadapter votre 300 SD avec les équipements européens. Si vous choisissez cette 116, il est plus aisé d’aller la chercher aux Etats-Unis, que de tenter d’en trouver une en Europe. Tout comme la 280 S, la 300 SD n’est pas disponible en version allongée.
Nombre de cylindres 5, en ligne
Cylindrée totale, en centimètres-cubes 3 005
Puissance, selon l’année de construction, jusqu’à 121 CV
Couple, en mètres-kilos 23.5
Accélération de 0 à 100 km/h 16.2 secondes
Vitesse maximum 170 km/h chrono
Consommation moyenne aux 100 km 10.6 litres
Carrière mai 1978 – septembre 1980
Nombre d’unités construites 28 634 modèles 300 SD
Pneus 185 / 70 HR 14

La 350 SE / 350 SEL

Premier des modèles 116 équipée d’une mécanique qualifiée de « noble ». Cette 116 offre un agrément de conduite exceptionnel. Sa puissance, très appréciable, est disponible dès les bas régimes. Son bruit de moteur est un somptueux paradoxe entre le sauvage et la soumission. Ce moteur est sans doute l’un des plus fiables et des plus équilibrés de toute l’histoire de la marque. Comme pour la 280, ce modèle connaîtra un franc succès dans sa version standard, mais c’est la plus rare de toutes les 116 dans sa version allongée.
Nombre de cylindres 8, en V
Cylindrée totale, en centimètres-cubes 3 499
Puissance, selon l’année de construction, jusqu’à 205 CV
Couple, en mètres-kilos 29.2
Accélération de 0 à 100 km/h 9.5 secondes
Vitesse maximum 205 km/h chrono
Consommation moyenne aux 100 km 13 litres
Carrière août 1972 – septembre 1980(350 SE)
novembre 1973 – juin 1980(350 SEL)
Nombre d’unités construites 51 100 modèles 350 SE
4 266 modèles 350 SEL
Pneus 205 / 70 HR 14

La 450 SE / 450 SEL

Extraordinaire limousine de luxe aux performances dignes d’une voiture de sport de l’époque, la 450 offre une réserve de puissance impressionnante, quel que soit le régime. Ses reprises sont fascinantes. Contrairement aux 280 et 350, le modèle standard, comme celui allongé, connaîtra un succès certain, dans cette gamme de prix. La version allongée sera même plus vendue que la standard. La 450 SE est élue voiture de l’année 1974. Dès juin 1979, la 450 SEL est équipée en série de l’ABS, c’est la première voiture du monde ainsi équipée en série.
Nombre de cylindres 8, en V
Cylindrée totale, en centimètres-cubes 4 520
Puissance, selon l’année de construction, jusqu’à 225 CV
Couple, en mètres-kilos 38.5
Accélération de 0 à 100 km/h 9.3 secondes
Vitesse maximum 210 km/h chrono
Consommation moyenne aux 100 km 15.0 litres
Carrière décembre 1972 – avril 1980(450 SE)
février 1973 – juin 1980(450 SEL)
Nombre d’unités construites 41 604 modèles 450 SE
59 578 modèles 450 SEL
Pneus 205 / 70 VR 14

La 450 SEL 6.9

L’arme absolue… La presse internationale l’élira « meilleure limousine du monde » titre qu’elle justifiera ainsi : « Elle offre le confort d’une Rolls-Royce et les performances d’une Porsche »… De l’époque, bien-sûr ! Equipée en série du compte-tours, de la climatisation, des suspensions hydropneumatiques, du différentiel autoblocant, de la ronce de noyer, du tempomat (régulateur de vitesse constante) etc, ses reprises sont sauvages, elle arrache le bitume dans un silence de marche princier… C’est la seule 116 pour laquelle la section de pneus retenue par le constructeur sous-estime le potentiel phénoménal de la bête. Fabriquée uniquement sur commande, peu de pièces de rechange sont de série. Attention à la facture ! Ce modèle n’est disponible qu’avec le châssis long.
Nombre de cylindres 8, en V
Cylindrée totale, en centimètres-cubes 6 834
Puissance, selon l’année de construction, jusqu’à 286 CV
Couple, en mètres-kilos 56.0
Accélération de 0 à 100 km/h 7.4 secondes
Vitesse maximum 240 km/h chrono
Consommation moyenne aux 100 km 20 litres
Carrière septembre 1975 – mai 1980
Nombre d’unités construites 7 380 modèles 450 SEL 6.9
Pneus 215 / 70 VR 14


Toutes ces indications peuvent légèrement varier selon l’année de construction de votre 116.


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